Episode 23 le daishin

2 juillet 2009 par Khorgal  

Alors que je me trimballais sans trop savoir ou j’ allais, comme souvent, comme toujours même, je passe devant un temple et là, Ô joie ya de l’ animation. Je ne sais pas ce que c’ est, qu’ importe, je verrais bien, ya des trucs bizars qui attirent mon attention, et c’est là tout ce qui compte…..

Premier constat ya du monde, caméra en main, et ce gros truc en bois avec des roues en plein milieu, garé comme une merde, mais visiblement c’est l ‘objet central de la fête. Comme bien souvent, j’ attire l’ attention sans le vouloir, tant mieux, c ‘est bien plus facile pour engager la conversation, et du coup poser mes questions concernant l’ objet des festivités.
Ce truc en bois s’appelle donc le daishin (on m’a bien ortographié « daishin, cependant, je n’ai trouvé que « daishi » partout ou j’ai cherché), et a été construit en 1689….. authentique, tout d’origine….. (c’est ça mon con, tu m’ as pris pour un lapin de 3 semaines!) d’ après les autochtones du coin.
A quoi ça sert? c’est en fait un peu l’ AMX10P du Japon médiéval: à son bord: 12musiciens jouant une musique, pas des plus gaies, mais que j’ aime beaucoup quand même, dont le nom est « ohayashi ». Comme le veut la longue tradition japonaise, il faut quitter ses pompes pour rentrer dedans; et pour m’ être approché un peu plus, je peux vous garantir que c’est carrément minuscule pour 12 personnes! à cela il y a aussi le mec qui fait bouger la marionnette, et sans oublier spiderman tout en haut qui va jouer un rôle très important: lever les câbles électriques de sa fourchette en bois pour permettre le passage du char, car le daishin ne reste pas tout l’ après midi dans la cours, on lui fait faire le tour du pâté de maison, sa ptite balade annuelle!
Comment il avance? traditionnellement il est tiré par deux cordes…. vu les monsieur muscle qui tiennent la corde, ou que la corde tient, ce n’est pas ça qui le fait avancer… lors de sa construction au 17éme siècle on l’ aurait donc pourvu d’un moteur électrique ultra silencieux?
Bon par contre, ça avance tout droit et c’est tout! Les rues sont heureusement en angle droit, mais pour le faire changer de bord à chaque virage, la technique est des plus…. intéressantes: bourrine! Ca tombe bien je suis moi aussi un bourrin.
Vu comment l’engin est manié, sans aucune délicatesse, je plains les pauvres à l’ intérieur au moment de la manipulation! Chaque virage est donc félicité comme il se doit par un tonnerre d’ applaudissements. La police est là pour prendre soin du cortège et assurer son passage sans encombre (le daishin a la priorité absolue!); pour une fois, on ne me demanderas pas mes papiers!
De retour au bercail, on range le char au garage, mais celui-ci reste ouvert, les musiciens ne jouent qu’à son bord semble-t-il; d’autres animations ont cependant lieu à côté: stand de yakitori, cours d’ ikebana, jeux pour enfants (il sagit de pêcher un poisson avec une épuisette en feuille de papier….), tours de magie, et bien sûr ces bons vieux tambours de taïko que j’ adore tout particulièrement (2vidéos).
Un grand père m’a expliqué qu’il n’ aimait pas bien ces tambours de taïko car ils n’étaient pas traditionnels: la vraie musique traditionnelle, c’est le ohayashi, cette musique parfois un peu macabre, qui se termine par une fausse note à la flûte, et que j’ai eu tout loisir d’ écouter en suivant le char. Il m’ explique que le taïko est un phénomène de mode survenu depuis 20-30ans, et que cela n’a rien de traditionnel!
Bon c’est peut être pas dans la tradition, mais à la limite je m’ en fout, je me lasse pas quand même de les écouter.
C’ est pas tout ça mais il commence à faire faim…. je fais un dernier tour, m’ apprête à partir, pis là je me fais une fois de plus interpeller par quelqu’ un: sa première question: tu viens d’ où? sa deuxième: tu bois une bière? bon, là faut encore expliquer que je bois pas d’ alcool (ils ont parfois du mal à comprendre qu’ un français ne boive pas), mais au final il me demande: est-ce que t’ as mangé? Dans ces cas là, la réponse est tout naturellement : non!! (j’ ai un don certains pour pressentir la pitance gratuite).
Il m’ amène sous une tente, me présente comme son pote français, rempli copieuse ment mon assiette de sushimaki, toriniku et autre délicieuse spécialités que je déguste goulûment dans l’ unique but de ne pas vexer mon hôte, bien entendu! Mais quand l’ assiette est vide, hop il me la re-rempli voici un petit jeu qui pourrait durer des heures tant mon estomac est vide (j’ai toujours faim en fait ^^); toutefois abuser d’ aussi bonnes choses me rend mal à l’ aise…. D’ autant plus que monsieur est imbibé d’une substance communément appelée « bière », dont l’ ivresse le rend peut-être poli à outrance. Il me fait préparer un bento par ces dames, que pour sûr je n’ oublierais pas (le bento pas les dames)!
Je refais un petit tour en compagnie de mon ami; à chaque personne que l’ on croise, je suis toujours présenté comme son pote français, y compris auprès des moines (je rappelles que l’ enceinte est un temple); puis finalement ce sont les gens qui en me croisant saluent le français….. bon les nouvelles vont vite, je commence vraiment à être gêné, je connais personne, mais tout le monde me connaît en revanche! Un fanatique me présente son chef d’ oeuvre; un daishin miniature d’une précision micro-métrique! (photo à côté du briquet).
Et pour finir en beauté, et là je sais plus ou me mettre, mon poto demande à ses camarades de me jouer un morceau avant que je m’ en aille: ceux ci s’ exécutent sans mots dire! J’ apprécie donc le spectacle (au premières loges en plus) et les remercient bien, avant de reprendre ma route….
Un chevalier solitaire et sa monture (ici nommée Tornado 2000)….

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